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Textes choisis et présentés
par Béatrice Leca Extraits des deux volumes parus aux
éditions Claire Paulhan
Ça commence comme un conte
de fée, avant la Première Guerre mondiale : les premiers
poèmes de Mireille Havet, 15 ans, sont publiés par Apollinaire
; quelques années plus tard, un recueil de nouvelles est
préfacé par Colette. Un destin d’écrivain attend Mireille
Havet – mais c’est un destin malin avec les enfants prodiges :
la guerre d’abord, qui lui enlève le magicien Apollinaire, qui
renverse l’ordre du temps en laissant les parents orphelins de
leurs enfants. L’après-guerre ensuite, qui lui offre des
séductions faciles, qu’elle méprise mais auxquelles elle ne
peut renoncer. Elle a 20 ans, puis 25, dans cette vie de
plaisirs aux volets fermés, entretenue par des femmes plus
fortunées, des amis égarés comme elle dans l’étourdissement,
le vide des Années folles et l’opium. Elle a 34 ans
lorsqu’elle meurt dans un sanatorium suisse, après on ne sait
combien de promesses de désintoxication, seule. Elle aurait
eu 98 ans lorsque Dominique Tiry, petite-fille de l’exécutrice
testamentaire de Mireille Havet, découvrit dans son grenier
l’œuvre cachée, secrète, qu’elle n’avait cessé d’écrire : son
journal, commencé à 15 ans, et dont les dernières pages
retrouvées datent d’octobre 1929, trois ans avant sa
mort. L’écrivain espéré dans les romans qui n’ont pas été
écrits ou ont été perdus, c’est ici qu’on le trouve, presque
un siècle plus tard, avec la même violence, le génie, la
folie, et comme dominé par un vœu qui l’aura brûlée vive mais
a ébloui son œuvre : « Aller droit à l’enfer, par le chemin
même qui le fait oublier. »
3ème épisode: Rondes
de la fête, rondes de
l’angoisse
Avec: Alice-Yann Schmitz et Leila
Férault
Prise de son, montage et mixage: Serge Ristitch
et Olivier Leroux Assistante réalisation: Alexandra
Malka
Réalisation: Jean Couturier
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